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Claire AUDHUY

Claire AUDHUY

Adresse

Rodéo d'Âme
38 A rue de Mundolsheim
F-67300 Schiltigheim.
Tél. : +33 (0)6 65 55 75 30

Prix d'Encouragement, 2010

Biographie (cliquez pour visualiser)

Penser la mémoire et l'art comme des relais !

Qui est à même d'entretenir une mémoire s'il n'y a plus de témoins directs ?

C'est la question que Rodéo d'âme s'était posée en 2008 - lors de son précédent cycle « Mémoires vivantes » - à propos de la Première Guerre mondiale, à l'heure de la disparition des derniers « Poilus ». Quand la mémoire directe d'événements passés basculait définitivement dans l'Histoire. À qui revient-il d'entretenir une mémoire étrangère malgré une part commune d'histoire collective ? Les derniers témoins, les derniers « survivants » des camps et de la Shoah sont en train de disparaître un à un, dans le même compte à rebours funèbre qui avait consacré à Lazare PONTICELLI une place de vedette qu'il n'avait jamais souhaitée ni même imaginée..

Au-delà de la seule question prosaïque de la disparition des témoins, c'est la postérité de cette histoire que nous avons voulu sonder, à travers les différents moments du cycle « Des voix dans la nuit. » C'est cette mémoire européenne que retrace la pièce de théâtre « Une poignée de terre », vaste rétrospective et prospective de la mémoire des camps, puisqu'elle s'ouvre en 1933 et se clôt en 2030, sur la mort du dernier survivant.

 

Et après lui ?

Comment l'art peut-il être pensé comme un relais ? Non pas dans la droite ligne d'un pieux « devoir » de mémoire qui en occulterait les raisons profondes, ou d'un lyrique « plus jamais ça », puisqu'à l'heure qu'il est, « ça » se produit indéniablement un peu partout autour de nous... À travers « Des Voix dans la nuit », nous réaffirmons que la mémoire et l'histoire ne doivent en aucun cas freiner l'action politique, l'engagement social et la responsabilité citoyenne. Au contraire : elles sont nécessaires à la compréhension de notre monde, à la résistance contre l'injustice et au combat au nom même de la responsabilité. Plus que jamais, nous avons besoin de connaître notre histoire pour agir en connaissance de cause. C'est pourquoi, elle ne nous semble pas, dans les lycées d'aujourd'hui, une option facultative.

« Des voix dans la nuit », résulte avant tout d'un questionnement sur les rapports entre histoire, art et mémoire. Parce qu'au cœur même des camps, l'art fut pensé comme un relais, comme la transmission d'une expérience, d'une humanité au milieu de l'inhumain. Les œuvres d'art concentrationnaires ont permis aux créateurs de préserver une identité, une culture, un lien avec la société « d'avant ».

Bien sûr, ces œuvres nous renseignent sur l'univers des camps, mais aussi et surtout sur la dignité, la force de l'engagement, et la résistance d'hommes et de femmes face à l'extrême. En ce sens, ces œuvres posent question. Parce qu'elles attestent qu'au plus profond de la « nuit », des voix se sont élevées. Dans la nuit de l'Occupation d'abord, puis dans la nuit concentrationnaire. Des voix pour protester. Des voix pour créer en résistant, pour résister en créant.

Des voix qui sont apparues comme autant de lumières au cœur des ténèbres. Ces voix, ce sont les dessins de Jeannette L'HERMINIER redonnant estime et courage aux « Robes grises » de Ravensbrück. Ce sont l'opérette de Germaine TILLION, écrite dans un carton du camp pour faire rire ses camarades ; les chants d'espoir entonnés dans le camp de Natzweiler; les œuvres des compositeurs Hans KRASA et Viktor ULLMANN du camp-ghetto juif de Terezin, qui transcendaient leur quotidien par la musique. Ce sont les saynètes des prisonniers de guerre dans les Stalags de Prusse orientale, jouées un 14 juillet ou un 11 novembre... Ce sont leurs voix, souvent oubliées ou méconnues que nous avons voulu faire connaître au grand public.

Nous avons rencontré les témoins de ce passé pour mieux interpeller le public du présent. Pour ouvrir le débat, fermes dans nos convictions mais attentifs aux réactions du public. Ce cycle n'est pas tourné vers un passé révolu : il souhaite trouver un écho de réflexion dans des tragédies, des engagements actuels. Faire de leur mémoire le prolongement de leurs combats, le moteur de notre engagement.

Ainsi, l'installation « Les yeux mêlés » retrace une journée de rencontres avec des déportés politiques de l'ancien camp de Natzweiler, seul camp de concentration nazi sur le territoire français actuel. Autour des photographies de ces hommes, en écoutant leurs paroles, le public est invité à s'interroger sur le statut du témoin, sur ses peurs et la postérité de sa mémoire. Nous avons aussi porté leur parole au-delà des montagnes de Schirmeck, pour les installer au cœur de Strasbourg et les faire résonner sur les murs de la ville. Parce qu'il nous semblait nécessaire de leur donner un lieu, un cadre où elles pourraient créer d'imprévisibles échos.

C'est aussi le sens de toutes les conférences, avec les témoins, les historiens et les autres acteurs de ce cycle. Plus que tout, nous avons recherché le dialogue, l'échange et le partage d'histoires individuelles au sein d'une histoire collective européenne.

Avec ce cycle, nous constatons à travers l'Histoire qu'en temps de crise(s), l'humanité trouve refuge dans l'art et la culture. Voici donc autant d'exemples de cette force à reconsidérer. Protéger la création aujourd'hui, préserver une dignité grâce à l'art face à un système répressif, est un combat à mener, une lutte à poursuivre. Parce qu'il est question de fraternité et de survie. De l'essentiel.

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